Des heures supplémentaires, des sous, mais encore…

de: Juan Escribano, président SSP Jura

Débat enflammé au Parlement: des précisions s'imposent.

Depuis plusieurs semaines, une inquiétude règne au sein du Parlement jurassien concernant les heures supplémentaires et les indemnités accordées aux chefs de services. Cette préoccupation a pris une tournure particulièrement insistante. Nous ne reviendrons pas sur le cas qui a suscité un tel engouement – on ne se sera jamais autant soucié des indemnités de départ et des heures supplémentaires depuis le départ de l’ancienne Cheffe du service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV).

La presse a joué le rôle de catalyseur dans cette flambée d’interpellations parlementaires certes légitimes, mais auxquelles nous souhaitons apporter quelques précisions.

À l’heure où les programmes d’économies fleurissent au sein des services publics, un sujet dérange et interpelle. On parle des heures supplémentaires accomplies par l’ensemble des employés, chefs de service compris. Ces excès sont le reflet des efforts constants fournis par l’administration, en proie à une diminution constante de personnel et de moyens. Ces régimes incessants mettent sous pression l’ensemble du personnel, qui n’a pas d’autre choix que de se plier au rythme imposé. Ceci au détriment de sa santé, ce qui ne semble pas inquiéter le monde politique! Rappelons ici quelques éléments importants sur les heures supplémentaires et indemnités de départ. La loi sur le personnel prévoit d’accorder une indemnité de départ, quel que soit le statut de l’employé. Même si le Gouvernement admet ne pas avoir de critères spécifiques pour en fixer la durée, chaque employé y a potentiellement droit. À noter que les heures supplémentaires peuvent être également payées et «gonfler» ces prétendus parachutes dorés... On oublie souvent que ces indemnités permettent à l’employé d’entreprendre sereinement la recherche d’un nouvel emploi – on peut donc saluer une forme de «protection», qui pourrait s’éroder avec la révision prochaine de la LPer et OPer.

Pour en revenir à l’affaire qui a mis le feu au Parlement, il nous paraît important de ne pas oublier ce qui a notamment conduit à cette situation: les nombreuses «alertes» lancées par des collaborateurs du SCAV au sujet de leurs rapports avec la direction, et la souffrance endurée par ceux-ci. Qui s’en est soucié au Parlement? Le monde politique ne semble pas s’intéresser à la souffrance au travail qui, nous le rappelons, a coûté plus de 6 milliards de francs en 2016 au plan national! Faudra-t-il attendre quarante ans, comme pour l’amiante, avant de s’apercevoir que ce fléau touche toutes les classes et toutes les formes d’activités professionnelles? Plutôt que de considérer le personnel comme une rubrique budgétaire qui plombe les comptes de l’Etat, le Parlement devrait s’intéresser à ce sujet rapidement! La fonction publique ne se contente pas seulement d’un salaire, elle a surtout besoin de reconnaissance et de soutien de la part des autorités et des administrés. Ne l’oublions pas: un employé heureux est un employé performant, un employé performant est un administré satisfait!

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